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UNE URBANISATION EN TEMPS RÉEL - projet SOVALP/SOVACP

“Il n’existe pas de forme en soi. La forme véritable est déterminée par les contraintes des tâches à accomplir dont elle est indissociable”
Mies van des Rohe


Comprendre la ville dans sa mutation, la transformation. Inscrire ce processus dans une perspective de conversion pour un secteur appelé à devenir quartier. Admettre les fondements d’un tracé, celui d’un réseau (déjà ?) structurant et, définir en les conjuguant des notions d’échelle et de densité. Le projet urbain SOVALP/SOVACP exprime et affiche la volonté d’une nouvelle centralité, un centre déplacé, une sorte de contre-centre.
C’est dans l’occupation d’une forme urbaine émergente, située dans un péri-urbain pas encore tout à fait ville, une frange où se mêlent petite industrie, locatifs en pièces disparates d’un tissu décousu, puis progressivement et plus récemment, sièges prestigieux et parking de dissuasion, que s’accomplit le projet. De cette hétérogénéité, de ce composite additionnel, il convenait de dégager l’essence d’une urbanité naissante en combinant mélanges de fonctions, jeux d’échelles et densité accrue. La composition résultante est étonnamment « classique », arguant d’une géométrie qui convertit la notion projetée d’une centralité en point de convergence desservant en étoile, au (point de_) départ du même nom (référence capitale), un rhizome mixte. Cette stratégie d’aménagement est intégrante. L’aménagement et réaménagement cohabitent dans le développement d’un master-plan dont la flexibilité s’insère, se glisse sans bouleversement apparent majeur parmi les équipements pré-existants. L’ opportunité donnée par la nécessaire augmentation du potentiel locatif en matière d’habitat collectif principalement et l’arrivée (prochaine,) attendue de la matérialisation du projet CEVA, se prolonge par l’injection de définitions nouvelles confrontant et confondant, sans ordre hiérarchique, accessibilité multimodale, création d’emplois, attractivité et image contemporaine, objectifs environnementaux et nouvelle identité (urbaine) d’un territoire. Territoire, de quel territoire parle-t-on ? Quelles en sont les limites ? Où se trouve son contenu homogène? Il ne s’agit pas du territoire comme système, système à construire, mais, comme concept-outil à usage « expérimental ».
Cette expérience n’est pas le fait d’un défrichage d’un champ d’action délimité en fonction de certains critères prédéfinis mais celui d’un programme d’exploration. Cette approche doit saisir comment la ville peut concevoir son développement, son extension, son excroissance ou son ex-croissance. Pour y parvenir, il requiert de s’interroger sur les outils de gestion et de décision urbains, et bien davantage encore sur les profondes mutations idéologiques, sociales, et culturelles qui traversent l’image de la ville. Le propos n’est pas de revenir aux formes rénovatrices empreintes fondamentalement de destructions ou, à une forme de fonctionnalisation mais, comme le suggère Rem Koolhaas à une prise en compte des structures et des figures valides de l’héritage d’une modernité tentant d’échapper aux paradigmes utopiques. Les deux enjeux principaux, auxquels se mesure le projet SOVALP-SOVACP, sont aujourd’hui, celui de la centralité et celui du dessein des franges métropolitaines. La réflexion que ces enjeux appellent oblige à l’observation des formes les plus récentes de la transformation spontanée des agglomérations en regard des formes initiales de l’architecture urbaine. L’urgence dans laquelle ils se situent ne peut cependant traduire l’émergence de leur réalisation en faisant l’économie d’un mode de planification négociée d’un sol requalifié et la fondation d’un véritable espace économique vaste. Ce n’est que par le développement d’une conglomération transfrontalière que se créeront les conditions-cadres d’un pôle d’échange dépassant toute virtualité et permettant une urbanisation en temps réel.

Philippe Meyer

UNE URBANISATION EN TEMPS RÉEL - projet SOVALP/SOVACP

“Il n’existe pas de forme en soi. La forme véritable est déterminée par les contraintes des tâches à accomplir dont elle est indissociable”
Mies van des Rohe


Comprendre la ville dans sa mutation, la transformation. Inscrire ce processus dans une perspective de conversion pour un secteur appelé à devenir quartier. Admettre les fondements d’un tracé, celui d’un réseau (déjà ?) structurant et, définir en les conjuguant des notions d’échelle et de densité. Le projet urbain SOVALP/SOVACP exprime et affiche la volonté d’une nouvelle centralité, un centre déplacé, une sorte de contre-centre.
C’est dans l’occupation d’une forme urbaine émergente, située dans un péri-urbain pas encore tout à fait ville, une frange où se mêlent petite industrie, locatifs en pièces disparates d’un tissu décousu, puis progressivement et plus récemment, sièges prestigieux et parking de dissuasion, que s’accomplit le projet. De cette hétérogénéité, de ce composite additionnel, il convenait de dégager l’essence d’une urbanité naissante en combinant mélanges de fonctions, jeux d’échelles et densité accrue. La composition résultante est étonnamment « classique », arguant d’une géométrie qui convertit la notion projetée d’une centralité en point de convergence desservant en étoile, au (point de_) départ du même nom (référence capitale), un rhizome mixte. Cette stratégie d’aménagement est intégrante. L’aménagement et réaménagement cohabitent dans le développement d’un master-plan dont la flexibilité s’insère, se glisse sans bouleversement apparent majeur parmi les équipements pré-existants. L’ opportunité donnée par la nécessaire augmentation du potentiel locatif en matière d’habitat collectif principalement et l’arrivée (prochaine,) attendue de la matérialisation du projet CEVA, se prolonge par l’injection de définitions nouvelles confrontant et confondant, sans ordre hiérarchique, accessibilité multimodale, création d’emplois, attractivité et image contemporaine, objectifs environnementaux et nouvelle identité (urbaine) d’un territoire. Territoire, de quel territoire parle-t-on ? Quelles en sont les limites ? Où se trouve son contenu homogène? Il ne s’agit pas du territoire comme système, système à construire, mais, comme concept-outil à usage « expérimental ».
Cette expérience n’est pas le fait d’un défrichage d’un champ d’action délimité en fonction de certains critères prédéfinis mais celui d’un programme d’exploration. Cette approche doit saisir comment la ville peut concevoir son développement, son extension, son excroissance ou son ex-croissance. Pour y parvenir, il requiert de s’interroger sur les outils de gestion et de décision urbains, et bien davantage encore sur les profondes mutations idéologiques, sociales, et culturelles qui traversent l’image de la ville. Le propos n’est pas de revenir aux formes rénovatrices empreintes fondamentalement de destructions ou, à une forme de fonctionnalisation mais, comme le suggère Rem Koolhaas à une prise en compte des structures et des figures valides de l’héritage d’une modernité tentant d’échapper aux paradigmes utopiques. Les deux enjeux principaux, auxquels se mesure le projet SOVALP-SOVACP, sont aujourd’hui, celui de la centralité et celui du dessein des franges métropolitaines. La réflexion que ces enjeux appellent oblige à l’observation des formes les plus récentes de la transformation spontanée des agglomérations en regard des formes initiales de l’architecture urbaine. L’urgence dans laquelle ils se situent ne peut cependant traduire l’émergence de leur réalisation en faisant l’économie d’un mode de planification négociée d’un sol requalifié et la fondation d’un véritable espace économique vaste. Ce n’est que par le développement d’une conglomération transfrontalière que se créeront les conditions-cadres d’un pôle d’échange dépassant toute virtualité et permettant une urbanisation en temps réel.

Philippe Meyer