DATE
TITLETITRE
TYPE
20190815122602268
9_QDC
Confidentiel. C'est le sentiment que l'on éprouve lorsqu'on longe le quai sur la rive gauche du lac Léman. À moins de 10 kilomètres du centreville, le site exceptionnel de Cologny est un archipel de villas luxueuses entre lesquelles se faufilent rues, ruelles et chemins parsemés d'impasses. Dans cet endroit bucolique et verdoyant, à l'orée du quai, se cache une parcelle privée de 1880 m2. Légèrement adossée sur une petite butte et un peu en retrait, siège une maison horizontale aux allures minimalistes construite dans les années ‘60. Au départ, ce petit immeuble regroupait des bureaux, une affectation qui durera une trentaine d'années. Par la suite, et durant plus de quinze ans l'édifice reste fermé. Cependant le propriétaire souhaite donner une deuxième vie à ce bien immobilier. ll se décide pour une transformation de fond en comble et de métamorphoser le bâtiment en une villa privée. Pour piloter ce changement, il confie l'édifice au bureau genevois Meyer Architectes.

PRÉLUDE
Lorsque le concepteur prend en main le projet, son premier souhait est alors de magnifier l'horizontalité de la structure. Une refonte totale du pavillon est donc nécessaire. Ici, il n'est pas question de réhabilitation mais bien de transformation, vue comme un véritable acte de création. Avec son équipe, il repart à zéro. La première intervention n'est autre que d'évider l'ensemble du bâtiment. Tout a été soigneusement démantelé, de l'enveloppe jusqu'au circuit électrique existant. Il ne restait plus que les murs porteurs en béton comme seuls témoins du passé. A partir de l'ossature mise à nu, le team recompose en déclinant une modernité minimaliste et inspirée sans jamais se départir de la conception rigoureuse du dernier plan. D'ailleurs, des pistes de reconversion très contemporaines sont exploitées. Dans cette sélection, entrent en scène des matériaux comme la pierre (le travertin), le bois, le verre et l'aluminium. C'est un choix très intéressant qui ne laisse rien dans l'ombre.
L'équipe d'architectes, mesurant le potentiel de l'édifice, vise à conserver l'esprit du lieu. L'apparente simplicité du concept cache en fait une mise en œuvre bien plus complexe mais en finesse. Un plan audacieux repense tout l'aspect extérieur. La grande toiture protectrice par exemple est ornée d'une bande périphérique en aluco-bond (aluminium) couleur bronze de 70 mètres de long. La dimension de cette frise contemporaine a été délibérément exagérée en épaisseur pour créer un jeu de contraste avec le reste de l'édifice. Ensuite le balcon. Ce dernier était auparavant un espace aéré extérieur. Aujourd'hui, c'est un déambulatoire interne qui connecte différents espaces jusqu'au deux nouvelles terrasses situées aux extrémités de la villa. Enfin, s'ajoute un garde-corps structurel de 40 mètres de long. Ce dernier supporte la façade habillée par de grandes baies vitrées coulissantes en double vitrage. Petite note: lorsque les vitrages sont ouverts, le cadrage des profils dessine une géométrie élégante «à la Mondrian.

APOLOGIE DU MINIMALISME ET NOUVEAUX ESPACES
La rétrogradation intérieure a été bien entendu repensée. Ainsi, les aires administratives d'autrefois s'y muent en habitation où se combinent habilement espaces intérieurs et extérieurs ouverts les uns avec les autres. Avec un sous plafond d'environ trois mètres de hauteur, le premier étage dégage une surface de 234 m2. Il accueille le déambulatoire, une cuisine, un grand séjour, et une chambre parentale. Une main courante en sucupira (bois exotique du Brésil) a été fixée le long de la façade. Afin d'amener un maximum de clarté, aucun espace n'a été cloisonné sauf la chambre séparée par une paroi vitrée et munie d'un rideau. Comme les dimensions le permettent, afin de profiter de cette horizontalité potentielle du bâtiment et de la taille de la parcelle, deux nouvelles terrasses ont été réalisées aux extrémités. Celle du coté nord (cuisine) mesure 43 m2, alors que celle du coté sud (chambre) plus grande et confirme 88 m2. Les deux
sont accessibles par des portes pivotantes. Pour maintenir la cohérence, un sol en pierre de travertin s'étire jusqu'aux terrasses latérales.
Comme un fil conducteur, cette texture conserve la continuité et unifie le programme.
Le rez-de-chaussée est légèrement plus grand, sa surface est de 239 m2 et inclut la construction d'un garage. En harmonie avec le contexte, cet espace de vie abrite cinq chambres et trois salles de bains. La surface inférieure est bardée de panneaux en bois coulissants avec des ouvertures verticales. Tel des moucharabieh, ces éléments protecteurs apportent l'intimité suffisante et diffusent l'intense lumière naturelle. Dans une mise en oeuvre qui cherche avant tout à être inventive tout en gardant une cohérence structurelle, cette villa urbaine très contemporaine a de beaux jours devant elle.

Renzo Stroscio

Confidentiel. C'est le sentiment que l'on éprouve lorsqu'on longe le quai sur la rive gauche du lac Léman. À moins de 10 kilomètres du centreville, le site exceptionnel de Cologny est un archipel de villas luxueuses entre lesquelles se faufilent rues, ruelles et chemins parsemés d'impasses. Dans cet endroit bucolique et verdoyant, à l'orée du quai, se cache une parcelle privée de 1880 m2. Légèrement adossée sur une petite butte et un peu en retrait, siège une maison horizontale aux allures minimalistes construite dans les années ‘60. Au départ, ce petit immeuble regroupait des bureaux, une affectation qui durera une trentaine d'années. Par la suite, et durant plus de quinze ans l'édifice reste fermé. Cependant le propriétaire souhaite donner une deuxième vie à ce bien immobilier. ll se décide pour une transformation de fond en comble et de métamorphoser le bâtiment en une villa privée. Pour piloter ce changement, il confie l'édifice au bureau genevois Meyer Architectes.

PRÉLUDE
Lorsque le concepteur prend en main le projet, son premier souhait est alors de magnifier l'horizontalité de la structure. Une refonte totale du pavillon est donc nécessaire. Ici, il n'est pas question de réhabilitation mais bien de transformation, vue comme un véritable acte de création. Avec son équipe, il repart à zéro. La première intervention n'est autre que d'évider l'ensemble du bâtiment. Tout a été soigneusement démantelé, de l'enveloppe jusqu'au circuit électrique existant. Il ne restait plus que les murs porteurs en béton comme seuls témoins du passé. A partir de l'ossature mise à nu, le team recompose en déclinant une modernité minimaliste et inspirée sans jamais se départir de la conception rigoureuse du dernier plan. D'ailleurs, des pistes de reconversion très contemporaines sont exploitées. Dans cette sélection, entrent en scène des matériaux comme la pierre (le travertin), le bois, le verre et l'aluminium. C'est un choix très intéressant qui ne laisse rien dans l'ombre.
L'équipe d'architectes, mesurant le potentiel de l'édifice, vise à conserver l'esprit du lieu. L'apparente simplicité du concept cache en fait une mise en œuvre bien plus complexe mais en finesse. Un plan audacieux repense tout l'aspect extérieur. La grande toiture protectrice par exemple est ornée d'une bande périphérique en aluco-bond (aluminium) couleur bronze de 70 mètres de long. La dimension de cette frise contemporaine a été délibérément exagérée en épaisseur pour créer un jeu de contraste avec le reste de l'édifice. Ensuite le balcon. Ce dernier était auparavant un espace aéré extérieur. Aujourd'hui, c'est un déambulatoire interne qui connecte différents espaces jusqu'au deux nouvelles terrasses situées aux extrémités de la villa. Enfin, s'ajoute un garde-corps structurel de 40 mètres de long. Ce dernier supporte la façade habillée par de grandes baies vitrées coulissantes en double vitrage. Petite note: lorsque les vitrages sont ouverts, le cadrage des profils dessine une géométrie élégante «à la Mondrian.

APOLOGIE DU MINIMALISME ET NOUVEAUX ESPACES
La rétrogradation intérieure a été bien entendu repensée. Ainsi, les aires administratives d'autrefois s'y muent en habitation où se combinent habilement espaces intérieurs et extérieurs ouverts les uns avec les autres. Avec un sous plafond d'environ trois mètres de hauteur, le premier étage dégage une surface de 234 m2. Il accueille le déambulatoire, une cuisine, un grand séjour, et une chambre parentale. Une main courante en sucupira (bois exotique du Brésil) a été fixée le long de la façade. Afin d'amener un maximum de clarté, aucun espace n'a été cloisonné sauf la chambre séparée par une paroi vitrée et munie d'un rideau. Comme les dimensions le permettent, afin de profiter de cette horizontalité potentielle du bâtiment et de la taille de la parcelle, deux nouvelles terrasses ont été réalisées aux extrémités. Celle du coté nord (cuisine) mesure 43 m2, alors que celle du coté sud (chambre) plus grande et confirme 88 m2. Les deux
sont accessibles par des portes pivotantes. Pour maintenir la cohérence, un sol en pierre de travertin s'étire jusqu'aux terrasses latérales.
Comme un fil conducteur, cette texture conserve la continuité et unifie le programme.
Le rez-de-chaussée est légèrement plus grand, sa surface est de 239 m2 et inclut la construction d'un garage. En harmonie avec le contexte, cet espace de vie abrite cinq chambres et trois salles de bains. La surface inférieure est bardée de panneaux en bois coulissants avec des ouvertures verticales. Tel des moucharabieh, ces éléments protecteurs apportent l'intimité suffisante et diffusent l'intense lumière naturelle. Dans une mise en oeuvre qui cherche avant tout à être inventive tout en gardant une cohérence structurelle, cette villa urbaine très contemporaine a de beaux jours devant elle.

Renzo Stroscio